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A quelle idéologie correspond l’humanisme politique?

L’humanisme est une philosophie qui met l’homme au centre de toutes les préoccupations. L’homme au centre requiert la défense de toutes les libertés individuelles dans un cadre collectif de responsabilité des uns envers les autres.

Pour faire de ce courant philosophique un projet de société, il faut le distinguer du socialisme, du conservatisme et de toutes les formes d’extrémismes. Le mot humanisme a été largement usurpé par différents politiciens plus soucieux de leur stratégie de communication que de l’adéquation entre leurs actions et les valeurs humanistes. Il reste donc un long chemin à parcourir pour donner à ce courant une légitimité politique à part entière, et cela commence peut-être par lui donner un corps doctrinal précis selon des termes connus et reconnus par tous pour définir des mouvements partisans.
Sans passer trop de temps non plus à “jouer sur les mots” et potentiellement complexifier ce qui se doit d’être simple, il reste important de pouvoir nommer notre matrice idéologique, de l’inscrire à la fois dans le contexte actuel et son héritage historique.
C’est une réflexion que je mène à l’heure actuelle dans le cadre de la rédaction (à quatre mains) d’un essai sur le centrisme, sans la prétention d’en faire un traité de sciences humaines et sociales que je ne saurais faire en profondeur. Tout simplement, en tant qu’observateur assidu de la vie politique depuis plusieurs années, et après avoir lu quelques articles sur les idéologies politiques, j’en ai conclu que l’humanisme politique serait bien défini par le libéralisme-social en démocratie.
En effet, pour parler d’humanisme en politique, il paraît naturel de mettre la liberté au cœur de la réflexion – le libéralisme – et de s’assurer que cette réflexion s’exerce dans un respect absolu de l’individu et des relations entre citoyens – le social – dans un système ouvert et juste qui laisse à chacun sa place et voix au chapitre – la démocratie.
Libéralisme: doctrine qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain.
Social: qui concerne les relations entre les membres de la société ou l’organisation de ses membres en groupes, en classes. Qui concerne l’amélioration des conditions de vie et, en particulier, des conditions matérielles des membres de la société.
Démocratie: régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu’il y ait de distinctions dues la naissance, la richesse, la compétence… (principe d’égalité).
Malheureusement, le libéralisme est devenu une expression péjorative synonyme d’individualisme et de matérialisme ou d’idéologie au service du système capitaliste caractérisé par la production et le rendement à tout prix. Le Mouvement Démocrate avait fait un travail remarquable en 2009 avec le “projet humaniste” http://puteaux.typepad.com/files/le_projet_humaniste_6-12.pdf en impliquant nombreux militants (je n’y avais pas personnellement participé) mais avait, volontairement ou non, exclu ce terme, complètement absent des 50 pages du livret. Je suis au contraire pour sa réhabilitation.
Les mots “néolibéralisme” ou “ultralibéralisme” sont venus préciser le concept de radicalisation du libéralisme et d’exagération de ses conséquences – l’accroissement des inégalités sociales – et ils me semblent clairs, utiles et légitimes notamment pour servir à redorer le blason de celui de “libéralisme” dont l’intention première n’était absolument pas de promouvoir un système qui fragmente les sociétés.
Rapporté au plan partisan, je vois dans le social-libéralisme une évolution libérale du socialisme – le centre-gauche – et dans le libéralisme-social une modernisation du libéralisme classique pour prendre en compte les questions sociales – le centre-droit.
La réunion des deux centres doit se faire par la reconnaissance de cette proximité idéologique, plutôt que de laisser la gauche (tendance Valls) et la droite (tendance Juppé) développer ces deux courants en leur sein et se paraphraser jusqu’à finalement complètement réduire cet espace central et la pensée qui va avec.
Reprenons en main le sens de notre courant politique, faisons de ce travail la première étape dans la reconstruction d’un corpus d’idées claires pour les électeurs, définissons les principes directeurs qui guideront notre actions dans les années à venir.
C’est aussi cela auquel notre essai va tenter de contribuer et vos avis sont comme toujours les bienvenus.

À propos Olivier Nataf

Olivier Nataf
Fondateur de Blogueurs Centristes. Conseiller National MoDem, Secrétaire de la Fédération des Français à l'Etranger du MoDem (FFE-MoDem). Auteur du blog DesMotsCrates.
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