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Marine Le Pen

La dangereuse complaisance des candidats face à Marine Le Pen

Pendant que Monsieur Fillon attaque Monsieur Macron et Monsieur Hamon, pendant que Monsieur Hamon tacle Monsieur Macron et Monsieur Fillon, et pendant que Monsieur Macron fait tout pour se démarquer de Messieurs Fillon et Hamon, Madame Le Pen poursuit tranquillement sa campagne en surfant sur les sondages qui, pour la plupart d’entre eux, la placent en tête du premier tour. Il semble que les principaux candidats républicains préfèrent s’étriller les uns les autres plutôt que d’attaquer frontalement la candidate frontiste sur ses idées et sur son programme, alors que Madame Le Pen représente pour la France une menace beaucoup plus sérieuse que n’importe quel autre candidat.

Certes, Hamon, Fillon et Macron déclarent tous les trois que leur principal adversaire est « l’extrême droite ». Mais leurs flèches contre la candidate frontiste sont d’une étonnante mollesse : en réalité, Hamon, Fillon et Macron ont des mots plus durs les uns envers les autres qu’envers Madame Le Pen. Les candidats républicains ont déjà pris acte, sans le dire, de la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, comme s’il s’agissait d’un scénario inévitable. Par conséquent, Hamon, Fillon et Macron se disputent la deuxième place, celle du candidat qui fera « barrière » à l’extrême droite : chacun des trois hommes a donc intérêt à ce que Marine Le Pen se qualifie pour le deuxième tour.

Ce calcul politique est pourtant très contestable, car en laissant Marine Le Pen faire campagne sereinement, les autres candidats contribuent à lui ouvrir les portes du deuxième tour alors qu’il est encore possible de lui faire barrage dès le premier tour. En outre, même si les sondages donnent Marine Le Pen battue au second tour quel que soit son adversaire, nous ne devons pas considérer sa défaite comme acquise : nous ignorons ce qui peut arriver d’ici le mois de mai, nous ignorons comment vont évoluer les intentions de vote, nous ignorons quels seront les aléas de la campagne. Laisser Marine Le Pen accéder au second tour, c’est lui donner la possibilité de remporter la présidentielle. La France de 2017 n’est plus celle de 2002, et Marine Le Pen n’est pas Jean-Marie Le Pen : si une victoire de Jean-Marie Le Pen semblait hautement improbable en 2002, on ne peut pas en dire autant de sa fille en 2017. En renonçant à battre la candidate frontiste dès le premier tour, les candidats républicains font un pari dangereux pour la France.

À propos Francois-Xavier Bernard

Francois-Xavier Bernard
Membre du MoDem et fondateur du blog "Le Centriloque".
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Emmanuel Macron, head of the political movement En Marche !, or Onwards !, and candidate for the 2017 French presidential election, celebrates after partial results in the first round of 2017 French presidential election, at the Parc des Expositions hall in Paris, France April 23, 2017.   REUTERS/Benoit Tessier     TPX IMAGES OF THE DAY

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