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Drapeaux UE

Reprenons notre souveraineté: faisons l’Europe!

En ce 25 mars 2017, nous sommes nombreux à célébrer le soixantième anniversaire du traité de Rome. Consacrant la volonté d’avancer enfin ensemble vers une construction supranationale, ce traité marqua l’avènement d’un projet utopiste, qui mit fin à plusieurs siècles de guerres ininterrompues. Et pourtant, cette merveilleuse invention politique n’a jamais été aussi menacée, et tout particulièrement en France. Or, jamais l’Union Européenne n’a été autant le seul échelon pertinent pour répondre aux enjeux de notre monde.

La France traverse actuellement une crise sociale et identitaire profonde, source d’un défaitisme profond. De nombreux candidats à l’élection présidentielle n’ont eu cesse d’y chercher un bouc émissaire à même de les dédouaner de leurs responsabilités : l’Union Européenne. Tous, de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy en passant par François Hollande, ont promis de renégocier l’ensemble des traités, sans jamais tenir leur parole. Or, nous sommes les uniques responsables de nos problèmes.

Européistes comme eurosceptiques, nous partageons un même constat, l’Union Européenne dans sa forme actuelle est technocratique et éloignée des peuples. Toutefois, nous n’en tirons pas les mêmes conclusions. Ainsi, les eurosceptiques de tout bord proposent de l’abolir, dans l’illusion de recouvrer leur souveraineté. Pourtant, quitter l’Union Européenne montrerait avant tout qu’ils n’ont rien compris au monde que nous avons construit.

Ce monde est celui de la mondialisation, caractérisée par une multitude de flux – de personnes, d’information, de marchandises, de capitaux, de rapports de force interétatiques – qui traversent les territoires en ne se faisant que peu de cas des frontières. Ces flux échappent au contrôle de petits États telle que la France, qui deviennent alors incapables de résoudre de grands enjeux contemporains comme le terrorisme ou la protection de l’environnement. Seuls les grands peuvent y faire face.

Ces flux affaiblissent le modèle de l’État-Nation, qui doit alors se réinventer pour persister ; ce qui ne peut passer que par un transcendement de lui-même. Cela ne revient pas à aliéner sa politique de défense à un autre État via un mécanisme tel que l’OTAN. En effet, se soumettre à la protection d’un plus grand que nous avec qui nous ne partageons que peu d’intérêts et de valeurs est l’atteinte la plus grave possible à notre souveraineté.

En réalité, seule une construction supranationale nous permettra de pouvoir nous prévaloir du poids suffisant pour être à même de s’inscrire durablement dans le monde, sans avoir à brader nos idéaux ; par des alliances dans de grands élans de bravoure aux plus puissants et/ou inquiétants ; telle que la Russie qui piétine l’ensemble des valeurs libérales issues de la Révolution Française que nous portons. De même, seules ces constructions supranationales nous permettrons de négocier des traités tout autant à notre avantage qu’à celui de notre partenaire, dans le respect mutuel de nos tissus économiques et de notre environnement ; pour autant que cela soit fait sous contrôle démocratique.

Si de telles constructions sont nécessaires, autant les faire dans une logique de croyance en notre avenir, plutôt que de se renfermer sur des idéologies dépassées, justifiées uniquement par la défiance. Il convient de les faire avec des partenaires, des voisins, avec qui nous avons une longue histoire commune. Il convient de les faire avec des partenaires ayant les mêmes valeurs et cadres de pensée ; tout en associant les peuples à ces institutions. Seuls ces organismes apporteront la réponse adéquate aux enjeux contemporains, car ensemble, nous serons toujours plus forts.

Cessons de voir en l’Union Européenne un problème, mais bien une solution pour l’avenir.

Saint-Malo, le 25 mars 2017

À propos Antoine Hurtaut

Antoine Hurtaut
Étudiant à l'Institut d'Études Politiques de Rennes et membre du Mouvement Démocrate.
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