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Besoins fondamentaux
Source photo: http://www.encyclopedie-incomplete.com/?Breve-Comme-Dara

La politique des besoins

La France est un peuple qui se révolte contre les injustices, qui ne se soumet pas et sait détruire pour reconstruire. C’est aussi devenu un peuple qui a peur, qui craint le changement et a tendance à voir le verre à moitié vide. Nous ne sommes pas à un paradoxe près et pourtant la coexistence de ces deux constats peut se comprendre aisément.

La politique d’apothicaire

L’important cependant est de partir de là. C’est une question de méthode mais aussi il me semble une question de justesse. Partir de ces constats plutôt que des problématiques d’apothicaire que l’on nous sert à longueur de programmes présidentiels: baisser le chômage, retrouver la croissance, réduire les dépenses publiques, augmenter l’âge de départ à la retraite et le temps de travail, ajouter des points de TVA etc… Ces questions sont évidemment importantes, mais elles sont des éléments d’action qui ne font ni une vision ni une direction ni une réponse à long terme aux interrogations les plus profondes des citoyens.

Car ces citoyens ne veulent pas être réduits au simple rang de contribuable, d’électeur, de constituant ou de client. Ces citoyens vivent dans un pays avec leurs voisins, leurs collègues et évoluent dans un monde complexe et en mouvement perpétuel.

Deux lames de fond

Je reprendrai les éléments de réflexion déjà présentés dans un billet précédent et qui me semblent naturellement venir compléter celui-ci:

Il y a deux lames de fond qui divisent notre monde et qui valent au moins pour la plupart des pays occidentaux:

  • l’exclusion d’une grande majorité de la population mondiale de notre système économique et leur sentiment d’abandon et de rejet des élites (corrompues)
  • le retour d’une idéologie sectaire de domination, conquête et destruction, avec l’exemple le plus visible (mais pas unique) de l’islamisme radical, véritable nazisme du 21e siècle.

On voit ces deux idées évoquées au travers de mots si souvent dits et répétés: les effets pervers de la globalisation, et la menace de l’islam politique.

Nous en voyons depuis plusieurs années des conséquences et manifestations: de “occupy wall street” à “nuit debout” sur le versant économique, et bien sûr la montée du terrorisme dans de nouvelles formes plus imprévisibles, plus proches de nous, plus meurtrières aussi avec la création de Daech pour la partie nouvelle idéologie dominatrice/destructrice.

Le mélange des deux s’opère dans une spirale vicieuse qui s’auto-alimente, crée cette fameuse et profonde crise identitaire qui se caractérise par une recherche de sens, un retour aux sources, un fort conservatisme, une montée des communautarismes, une peur et une haine de l’autre, un repli sur soi. Cela donne lieu aussi à des mouvements politico-sociétaux notamment en France avec la manif pour tous et sens commun par exemple qui s’inscrive dans des mouvements de droite conservatrice.

L’heure de la conciliation

Comment concilier ces sables mouvants, ces besoins si nombreux, ces forces contraires? Je n’ai sûrement pas la prétention de pouvoir résoudre ces grandes questions en 4 lignes, mais ce blog garde une ambition de contribution, de réflexion et de proposition.

Pour la France, ce peuple qui sait se révolter et qui doit être protégé des débordements, il faut urgemment et impérativement adresser le problème des inégalités et des injustices. “Ca y est, il a viré socialiste” pensez-vous. Justement pas, car le socialisme a définitivement démontré qu’il était incapable de résoudre quoi que ce soit car complètement paralisé dans une mue idéologique que l’immédiateté du réalisme électoral l’empêche de réaliser.

Je pense qu’il y a peut-être une piste un peu plus innovante pour s’attaquer au vaste problème des inégalités: le faire par l’angle des besoins fondamentaux de l’homme ou plutôt du citoyens (les besoins fondamentaux sont souvent définis par la pyramide de Maslow ou les 14 besoins de Henderson, ce qui suit n’est que l’emprunt de cette terminologie, mais on retrouve des similitudes bien sûr).

Il faut dégager de fortes priorités autour de ces besoins et des métiers qui leurs sont dédiés. Back to basics, retours aux fondamentaux de l’humanisme!

  • Se nourrir: les agriculteurs
  • Se loger: les métiers de la construction
  • Se déplacer: les métiers du transport
  • Se soigner: les médecins, les infirmières
  • S’instruire: les enseignants
  • Être protégé: la police, la gendarmerie, les pompiers

6 domaines, les corps de métiers qui leurs sont associés, devraient constituer la priorité d’une nouvelle politique humaniste. Pour accompagner l’agriculture, le logement et les transports, une politique de grands travaux devrait être définie sur un fond de développement durable pour créer et relier les communes, villes et villages, du XXIe siècle. La revalorisation de ces métiers ainsi que des médecins, infirmières, enseignants, policiers, gendarmes et pompiers redonnerait un sens à notre société fondée sur le développement humain et aurait un impact sur chaque citoyen indépendamment de son age, son sexe, sa condition, son emploi…ces besoins fondamentaux ont l’avantage d’être par définition universels.

Ca n’est pas suffisant, il y a tant de choses à faire, mais il faut se donner des priorités. Celles-ci sont d’ailleurs déjà nombreuses, mais elles ont un sens profond et donneraient un signal fort sur la société que nous souhaitons construire. Une société de liberté et d’épanouissement qui a un projet définit sur les besoins des citoyens, qui ainsi touche et concerne tout le monde et qui protège avant de s’enrichir.

À propos Olivier Nataf

Olivier Nataf
Fondateur de Blogueurs Centristes. Conseiller National MoDem, Secrétaire de la Fédération des Français à l'Etranger du MoDem (FFE-MoDem). Auteur du blog DesMotsCrates.
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