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L’écologie politique a échoué. Le Centre doit reprendre le flambeau.

Quel que soit le projet politique, la dimension écologique est évidemment essentielle à notre époque. Les questions de l’épuisement des ressources naturelles, du réchauffement climatique, de la disparition des abeilles à cause des pesticides, des circuits courts, … doivent être au cœur de tout projet politique de façon transversale. De ce fait l’écologie, comme l’économie, n’est pas monolithique. Il n’y a pas une seule approche possible de l’écologie qui serait la propriété d’un parti ou de spécialistes (auto)déclarés. Elle est au centre d’enjeux politiques importants.

Comme pour le libéralisme, tout est question d’intentionnalité. Se préoccupe-t-on des conséquences sociales et économiques ou pas? Intègre-t-on l’écologie dans une contestation du modèle consumériste ou pas ? Se donne-t-on les moyens d’affronter certains lobbys ou pas ? Rien qu’avec ses trois questions, on peut distinguer une écologie de Droite, une écologie du Centre et une écologie dogmatique véhiculée par le parti des verts par exemple. L’écologie dogmatique ne se préoccupe pas des conséquences des mesures qu’elle impose sur les classes moyennes et populaires, à la différence des deux autres. Inversement l’écologie de Droite ne conteste pas le modèle consumériste ni n’affronte les lobbys, à la différence des deux autres.

Quatre axes fondamentaux d’une politique écologique centriste

Voilà pourquoi, un Centre conscient de sa mission d’humaniser la société devrait développer une approche de l’écologie autour de quatre fondamentaux : l’écologie de projet, l’écologie de synergies, l’écologie de convivialité et le refus de l’écologie punitive.

L’écologie de grands projets vise à investir dans les infrastructures d’une société à la fois économe en ressources naturelles et prospère. C’est ce qu’on appelle parfois « la croissance verte » et est à considérer également dans la politique pour l’emploi. L’investissement massif dans les secteurs d’avenir, le simili-carné, l’éolien maritime, la sécurité nucléaire, le biogaz le jeu vidéo et le virtuel, la réalité augmentée, les objets connectés, … Cette politique par le biais de la BPI et de la Caisses des dépôts, de systèmes de défiscalisation pour drainer l’épargne des particuliers, de facilités administratives pour les entreprises de ces secteurs, … serait le fruit d’un état redevenu stratège.

L’écologie de synergies se préoccupe de l’intégration de l’innovation industrielle et du développement durable. C’est mettre les innovations de la troisième révolution industrielle en cours, celle des objets connectés et « intelligents », au service de l’optimisation de la consommation d’énergie et de ressources naturelles.

L’écologie de convivialité est « un humanisme solidaire ». Elle place l’épanouissement des hommes et des femmes et la valeur équité au Centre de la redéfinition du lien social sous la pression des impératifs écologiques. La faillite du modèle de société consumériste et énergivore est l’occasion de redessiner une société où les échanges humains liés aux circuits courts, au partage de l’usage des biens comme le partage d’une voiture pour plusieurs familles, au recyclage de biens périmés, à la synchronisation de ses consommations d’énergies avec celles de ses voisins, … Cela n’est pas une idéologie gentillette, mais une action politique radicale et révolutionnaire. C’est redécouvrir une nouvelle proximité dans les rapports humains dont le monde moderne nous a éloigné.

Le refus de l’écologie punitive doit être complètement assumé. Ce n’est pas parce que l’avenir de l’humanité dépend du tournant écologique qu’elle prendra ou ne prendra pas que tout et n’importe quoi peut être fait au nom de l’écologie. La propension des technocrates à réglementer tout fait des ravages. La piétonisation des voies sur berges à Paris, la réduction de la vitesse à 70km/h sur le périphérique ou à 80km/h sur les nationales, l’écotaxe, … ont des effets écologiques dérisoires voir parfois des répercussions aux effets inverses.

Reprendre le flambeau

L’écologie politique a échoué, le Centre doit reprendre le flambeau … et faire de la politique. La bonne réponse écologique, la ligne politique d’un centrisme pragmatique, est donc double : trouver les moyens de réduire au maximum la consommation de ressources naturelles et l’empreinte écologique en changeant le moins possible le mode de vie, et stopper la course au toujours plus pour passer dans une société où le contentement l’emporte sur l’insatisfaction.

Cette dernière assertion signifie passer d’un modèle où l’objectif principal est la recherche de croissance vers un modèle où l’objectif principal est la recherche de convivialité. C’est là toute la philosophie « convivialiste » portée par un penseur comme
Edgar Morin qu’il faut découvrir ou redécouvrir. Avoir une réflexion sur les finalités de notre société est pour nous absolument nécessaire. Une politique écologique efficace s’inscrit dans une philosophie de la vie qui elle-même sous-tend une conception de l’économie. Les trois sont indissociables.

Extrait adapté de l’essai “La riposte centriste”. Cliquez pour plus d’informations.

À propos Olivier Nataf

Olivier Nataf
Fondateur de Blogueurs Centristes. Conseiller National MoDem, Secrétaire de la Fédération des Français à l'Etranger du MoDem (FFE-MoDem). Auteur du blog DesMotsCrates.
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