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Benoit Hamon
Source Le Monde

Primaires de la gauche. Ils partent vraiment très à gauche.

Au 1er tour, je me suis engagé auprès de Jean-Luc Bennahmias, président du Front Démocrate, candidat à la Primaire de la Gauche, des Démocrates et des Ecologistes.

Au 2nd, j’ai souhaité que Manuel Valls l’emporte, principalement pour son positionnement sans concession sur la Laïcité. Les électeurs de gauche en ont décidé autrement. Soit.

Rassembler fut le mot d’ordre de tous. C’est bien. Savoir qui, c’est mieux. Savoir et dire pourquoi est un gage de considération et impose une certaine crédibilité. Aucun, à part Bennahmias, n’a souhaité rassembler au-delà de son camp, le Parti Socialiste et c’est bien dommage.

Certes, Mélenchon est dehors. Les écolos réfractaires, aussi. Les Progressistes ? Aussi. Malgré la tentative du président du Front Démocrate d’appeler à un arc progressiste allant de l’électeur mélenchoniste à celui de Kosciusko-Morizet. Force est de constater qu’on ne l’a pas écouté et que l’électeur de gauche a fait le choix d’un candidat tourné vers l’extrême gauche. Bien sûr, il y eu la proposition du Revenu Universel emprunté à Jean-Luc Bennahmias sauf que dans la bouche de M. Hamon, la dimension accordée à ce projet ne fut qu’abordée par le biais de la pauvreté. Eut-il fallu le vendre avec conviction tel un projet de société d’ampleur. Je crains que les électeurs de M. Hamon n’aient su saisir la pleine dimension d’une telle proposition mais nous aurons à coeur de revenir sur le sujet et de le proposer inlassablement.

De fait, je ne parviens pas à percevoir quel projet de société nous offre le Parti Socialiste et sa nouvelle édile. Ce dont le pays a besoin, c’est d’une vision. La France repose sur des bases solides mais solide ne veut pas dire inébranlable si l’on fait le choix de ne pas investir pour l’avenir ni celui de faire confiance à la jeunesse. Certains diront qu’il faut laisser le temps à Benoît Hamon de nourrir son projet mais tout de même, pour moi, entretenir la pauvreté de certains territoires, encourager le communautarisme et empêcher les jeunes de s’émanciper, n’est pas digne d’un représentant du peuple, encore moins du représentant suprême.

Partout où le vide existe, le néant s’installe… et beaucoup, à gauche, l’y aident, à l’instar de M. Hamon. Je ne saurai vous dire ma déception à l’issue de ce scrutin car je pense que les électeurs historiquement de gauche n’ont pas saisi l’importance de la séquence politique. Force est de constater qu’ils ont fait le choix de vouloir revivre les gloires du passé, les luttes ouvrières, les victoires qui avaient mené le pays à de formidables avancées sociales et sociétales. Cette fois-ci, électeurs de gauche, vous vous êtes trompés de combat. Comme vous vous êtes d’ailleurs trompés en plébiscitant les frondeurs du quinquennat qui s’achève, Benoît Hamon, en tête de file. Hamon-Mélenchon, tel est le visage de la Gauche, désormais.

Le monde du travail change… et son rapport avec chacun. Penser au retour du plein emploi n’est que lubie de l’esprit ou refus d’un monde qui bouge. Vouloir le bien de tous, c’est accepter que chacun ne dispose plus d’un emploi tel que rêvé au 20è siècle et investir pour un nouveau modèle social.

C’est pour cela qu’au Front Démocrate, à travers le Revenu Universel, nous proposons une politique de redistribution des cartes géographiques et sociologiques. Le désengorgement et le désenclavement de nos territoires est une nécessité. Leur gouvernance, tout autant. Repenser nos villes et nos campagnes, notre priorité. Comment, à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle, les candidats à la Présidence de la République ne proposent-ils pas de projet de développement économique par les nouvelles technologies qui, pour certaines, n’auront même pas été exploitées, les dernières les ayants surpassées. Le salarié français subit le monde du travail parce-que l’État n’accompagne pas le changement et par-dessus tout, n’investit plus depuis longtemps. L’Éducation Nationale en fait d’ailleurs les frais. Pour mémoire, ce ministère dispose du plus gros budget. Pourquoi fabrique-t-il des jeunes actifs au chômage ?

Le logiciel doit être revu en profondeur. Les partis politiques, nécessaires à la gouvernance d’un pays, doivent se transformer. Les citoyens français en ont besoin. Leur avenir en dépend.

Choisir un avenir, pouvoir faire des choix, l’esprit libre, en tant qu’êtres humains émancipés, c’est ce que je souhaite à chacun et à nos enfants.

À propos Thierry Gibert

Thierry Gibert
Humaniste et démocrate convaincu. Militant pour une justesse sociale, sociétale et environnementale, je privilégie l’intégrité, l’honnêteté, l’engagement, le courage… aux laxisme et positionnements politiques de confort qui éloignent toujours plus le citoyen de l’État et des règles qui régissent notre société
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