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Fillon vainqueur

Un sacré coup dans la calebasse

Le taulier, déjà pétri de doutes, est tombé en panne de commentaires, en ce mémorable mois de novembre 2016, alors que s’enchaînaient des événements exceptionnels.

Que fallait-il penser de ces événements ?

Que faut-il penser de ce qu’on nous en donne à voir ?

Que faut-il penser de ce qu’on en pense ?

Le Bien et le Mal

En tout premier lieu, il m’est difficile, dans beaucoup de situations, de dire qu’il s’agit du combat du Bien contre le Mal, que le Bien a gagné et qu’il faut s’en réjouir ou que le Mal a gagné et que l’Enfer nous attend. Pour autant, il faut parfois choisir (mais pas toujours) et trancher entre des choix où se mêlent le Bien et le Mal.

Conséquences et imprévisibilité

En second lieu, il faut être conséquent. on ne peut pas vouloir une chose et son contraire (la guerre sans les morts par exemple). Pour autant, un événement, un acte, un choix s’inscrit dans le temps. et ses conséquences s’inscrivent aussi dans le temps, interagissent avec les éléments environnants comme toute chose dans un système complexe . La part d’imprévisible peut être énorme, jusqu’à prendre le pas sur les conséquences anticipées.

Inversion des valeurs

Ensuite, l’ « air du temps », l’idéologie ambiante nous influence plus qu’on ne le croit. On disait autrefois que la ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas. Je pense que la ruse de l’idéologie actuelle est de faire croire qu’elle n’existe pas, que le temps des dogmes est révolu. Je propose à votre réflexion que nos valeurs, si souvent vantées et si peu décrites, se sont inversées au dépent de notre discernement. La science économique nous décrit comme des individus libres, cherchant à optimiser leur intérêt, la confrontation des offres et des demandes se faisant dans des marchés de toute nature où l’information est parfaite et qui sont le lieu des équilibres qui permettent à la société de fonctionner harmonieusement. Par ailleurs, les relations internationales sont désormais régies par la promotion de la morale et des droits de l’homme. Un certain nombre de régimes politiques restent fermés à ces idées mais le sens de l’Histoire mène inexorablement à la démocratie sur l’ensemble de la planète. Notre horizon philosophique serait donc l’intérêt égoïste au niveau individuel et la morale au niveau des nations. Or je pense que, non seulement c’est faux, mais que c’est l’inverse qui est vrai jusqu’à la fin des temps qu’on espère le plus tard possible.

Le mur devant nous

Enfin, rien ne nous dit qu’en toute chose, il existe une bonne option qui nous permette de préserver le monde tel qu’il est. Prenons par exemple le capital mondial. Il est estimé par certaines études à 512.000 milliards de dollars, le PIB mondial étant de 74.000 milliards de dollars. Sur ces 512.000 milliards, les créances pèsent pour 194.000 milliards (la dette publique étant estimée à 99.000 milliards et la dette privée à 95.000 milliards). Le reste du capital correspond à des actifs dont on peut penser qu’ils sont tangibles (entreprises, immobilier, métaux précieux) mais dont la valeur ne vaut que ce que valent les marchés à un moment donné. Une étude de McKinsey avait mis en évidence que les créances mondiales augmentaient plus vite que la création de richesses (le PIB mondial) depuis le début de la crise en 2008. Le monde global est donc confronté au même dilemme que l’Europe : s’endetter pour relancer la croissance qui permettra de rembourser les dettes ou comprimer les dépenses pour ne pas aggraver le poids des dettes qui menacent l’économie au risque de ne jamais pouvoir rembourser les dettes faute de croissance. Ce qui ressemble beaucoup au dilemme des taux d’intérêts : les maintenir à des niveaux bas au risque de mettre en danger les investisseurs et les institutions financières (banques et assurances) ou les augmenter et provoquer des défauts de paiement en cascade. On peut donc craindre qu’il n’y ait pas d’autre issue qu’une nouvelle crise financière quelle que soit l’option choisie. Que signifie donc une élection présidentielle face à cette situation si ce n’est, plus que le choix d’un programme, celui de la personne qui devra gérer la crise ?

Voilà !

Une fois dit cela, on peut travailler à commenter le Brexit, l’élection de Trump, la crise monétaire en Inde, la guerre en Syrie en Irak ou au Yemen, la menace djihadiste, la crise de l’Euro, la primaire de la Droite en France, etc.

En ce qui me concerne, je reprends mes esprits après avoir pris un sacré coup sur la calebasse…

À très bientôt.

À propos Hervé Jégo

Hervé Jégo
Cadre supérieur dans une compagnie d'assurances, marié et père de quatre enfants adultes.
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